UN « AUTRE MOMENT DE LA SPIRITUALITÉ »

Pour nous, le spirituel est trace, miette, empreinte, dans les textes comme les objets : ce sont les indices que décèle l’historien.ne, qu’il/elle récolte et à partir desquels il/elle reconstruit un portrait particularisé d’une spiritualité. Nous qui travaillons sur l’histoire de la spiritualité en avons le sentiment lorsque nous consultons les sources, ou recensons les images : c’est ce qui s’énonce, maladroitement parfois, dans les textes, ce qui donne l’impression d’un balbutiement. En d’autres termes, le spirituel, c’est une sensibilité, à laquelle, l’historien.ne aguerri.e sait se montrer sensible.

Le spirituel est en marge ; pas tellement sur le plan de l’orthodoxie (des pratiques, des idées, etc.), mais par son caractère inachevé, inabouti ; il tend à être écarté.
C’est un discours en cours d’énonciation.
C’est, en fait, le « moment présent » de la spiritualité.

D’un point de vue historique, le spirituel est donc, d’une part, une étape dans l’élaboration de ce qui peut être en aval identifié comme une spiritualité, et, d’autre part, une proposition individuelle cherchant à fonder ou à s’inscrire dans une spiritualité.